FÉMINISTE… QUELLE HORREEEEUR 😱

« Non mais les écarts de salaire c’est plus d’actu faut passer à autre chose hein ! », « Laisse-moi payer ta part, fais pas ta féministe », « Elle est stylée mais les poils sur les jambes c’est chaud quand même », « Le manspreading*, sérieux ? On a des couilles, faut bien les caser quelque part non ? ».
Ce genre de petites remarques, ça vous dit quelque chose ?
Ouais, nous aussi.

On a l’impression que le féminisme aujourd’hui est compris de travers, qu’on est passés d’un mouvement légitime et positif à ce sujet un peu tabou qui dérange. Même si la lutte pour l’égalité avance, en 2018, bien trop de gens ne comprennent pas ses revendications. Non, le féminisme n’est pas un truc de femme célibataire endurcie, ou de lesbienne, ou de nana pas heureuse dans son couple. C’est pas non plus un truc de relou qui fait scandale parce qu’un mec lui tient la porte… Pour ne plus voir nos interlocuteurs (masculins ET féminins d’ailleurs) lever les yeux au ciel et soupirer de lassitude, on vous explique ce qu’on en pense, parce que nous aussi, on se considère comme féministes
💪🏼💪🏽💪🏿

Si on reprend les choses à l’origine, la première revendication féministe, c’est l’égalité entre les femmes et les hommes. Pas une supériorité des femmes par rapport aux hommes, pas une éradication de toutes les testicules de la planète, pas un règne tyrannique du lesbianisme, simplement une même considération pour tous les êtres humains, quel que soit leur genre. Et c’est quand on y prête un tout petit peu attention qu’on se rend compte à quel point… on y est pas encore (d’où l’existence du mouvement finalement 🤓)

Chez Superbe, on déplore un terrible manque de légèreté et d’information. On voudrait désacraliser le féminisme pour éviter ces situations frustrantes d’incompréhension. Alors plutôt que de tailler un short au premier mâle qui ferait un faux pas, on essaie de lui expliquer (sans cris et sans heurts, sans forcément sortir nos boobs #femenet sans dramatiser) notre définition du féminisme.

On lui explique que surprendre le regard lourd d’un inconnu (ou d’un collègue) plongé dans notre décolleté c’est dérangeant, que si les règles étaient un problème masculin, ça ferait longtemps qu’on aurait développé un moyen pour éradiquer les douleurs + choisir le jour et l’heure + avoir des protections menstruelles gratuites et tutti quanti. On lui rappelle que les femmes n’ont toujours pas accès à certains jobs, et puis, parce qu’il n’a pas vraiment l’air de le croire malgré le nombre de fois qu’il l’a entendu, on lui rappelle aussi qu’en moyenne, le salaire d’une femme est inférieur de 18,6 % à celui d’un homme et ce, sans AUCUNE raison (oui). Il y a donc encore du chemin à faire sur la simple question de l’égalité.

Pour éclaircir un peu le sujet, on s’est dit qu’un petit récap’ historique (digeste, promis) ne ferait pas de mal (et dieu sait qu’on vous veut du bien). On vous présente… les trois vagues du féminisme occidental !

PREMIÈRE VAGUE

Elle concerne la place de la femme dans la société. À ce moment-là, la femme dépend financièrement de son mari, elle n’a pas le droit d’exprimer son opinion aux urnes, elle n’a pas droit à l’éducation… elle sort un peu du moyen âge quoi (on part de loin 🙄), et celles qui prennent la parole, qui s’insurgent ou qui font les choses différemment sont appelées… wait for it, des SORCIÈRES (ben oui, une femme instruite et indépendante, une femme célibataire ou qui ne veut pas d’enfant… ça fout les miquettes). Le droit de vote obtenu marquera la fin de cette vague !

DEUXIÈME VAGUE

Entre 1960 et 1980, elle se concentre sur la libération et la réappropriation du corps des femmes. De nouvelles notions font leur apparition comme la misogynie, le renversement du patriarcat (« système social qui organise la domination des hommes sur les femmes » youpi !), la maitrise de la reproduction, et l’égalité entre les sexes. Bilan : en 1967, les femmes obtiennent le droit d’accéder à la contraception, et en 1974, à l’avortement (#MerciSimone). On commençait à être pas mal ! D’ailleurs, c’est dans ce contexte que parait, en 1949, « Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir, un livre qui reste une référence pour les féministes, notamment parce qu’il permet de dissocier la femme de la mère. (Pour celles qui écoutent le podcast La Poudre – qu’on vous conseille d’ailleurs, « On ne nait pas femme, on le devient » c’est signé Simone !).

TROISÈME VAGUE

Elle débute à la fin des 80’s. On parle de l’oppression commune que subissent toutes les femmes, quelle que soit leur origine sociale ou culturelle. Sont intégrées au mouvement les femmes noires, celles issues des minorités, les homosexuelles, les queer, trans etc. On est sur une belle hétérogénéité et la notion de genre est devenue primordiale, le sujet s’est élargi.

Vous êtes toujours là ? Bon.

Nous, nous sommes les héritières de combats qui se sont passés dans la rue puis dans des hémicycles et qu’on fait perdurer avec nos moyens modernes, sur les réseaux sociaux, en brandissant des slogans, en écrivant des articles, en enregistrant des podcasts et en créant des images qui soutiennent notre discours. On est féministes parce qu’on est des femmes, qu’on veut être libres, respectées, en sécurité : considérées comme égales mais pas identiques aux hommes. On est féministes parce qu’on veut que notre plaisir soit aussi important que le leur (@jouissanceclub), qu’on ne veut plus avoir à souffrir des diktats de la mode (@ElyKilleuse), qu’on veut partager la charge mentale et se sentir libres de nos choix (sans être jugées, rapport à ce qu’on attend de nous…).

@jouissanceclub

 

Enfin, dans féminisme, il y a « femme », et puisque c’est de ça qu’il s‘agit, le féminisme pour nous c’est aussi le besoin urgent de s’accepter et de se réaliser en tant que tel. D’accepter son corps, son image, ses défauts, d’être soi-même sans essayer d’être la femme de l’imaginaire collectif, créée par la société (patriarcale 🙃). C’est pour ça aussi, qu’on essaie de vous montrer, à travers nos shootings, qu’une femme est Superbe même quand elle est fatiguée, quand elle a pas envie, quand elle mange comme quatre ou quand elle s’est pas rasé les poils sous les bras.

Le sujet est plus présent que jamais, tous les jours des ambassadeurs/drices voient le jour, et s’exprime à travers plein de moyens différents, et c’est comme ça, qu’on finira par faire rentrer des choses évidentes dans les mentalités, à casser des codes trop vieux, à briser des tabous, toujours dans un seul objectif : faire de la féminité une force et en profiter pleinement.

Pour finir, on a envie de citer la (très) grande et douce Fatou Diome, pour vous rappeler, messieurs, que le féminisme c’est pas un combat qui ne concerne que les femmes.
« Les hommes forts […] sont féministes, ils ne craignent rien pour leur pouvoir. […]. La misogynie, c’est un défaut de gens qui ne sont peut-être pas sûrs d’eux-mêmes ».

Allez, bisou à toutes, vous êtes déjà superbes, soyez féministes 😘

*le manspreading désigne un comportement inconscient observable dans les transports en commun consistant à s’asseoir en écartant les cuisses en occupant alors plus que la taille d’un siège.

Pour aller plus loin, on vous conseille de regarder l’itw de Fatou Diomé sur Konbini d’écouter La Poudre, de Laurène Bastide, de lire Beauté fatale et Sorcières de Mona Chollet, ou encore Une Vie de Simone Veil. On vous conseille aussi de suivre Ely Killeuse et Jouissance Cub sur Instagram.

1 Comment

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